Après avoir erré dans le maelström, à la fois onirique et terriblement réel de mon for intérieur, durant un temps qui me semble aujourd'hui avoir duré plusieurs vies.
J'ai arpenté des routes indicibles, bordée des monstres enfouis au plus profond de la terreur intérieur et des cauchemars née des traumatismes ancrée dans l'âme et dans l'imaginaire, jusqu'à commettre l'inconcevable.
J'ai plongé de plus en plus profondément vers le centre de ce dédale illogique pensant suivre la voie qui mènerait vers la salvation.
Et j'ai atteint le cœur ne découvrant qu'en ce
lieu, le vide, la désillusion et le désespoir.
J'en ai pleuré de rage, de haine et
d'impuissance, lâchant des morceaux de vie dans mes larmes.
J'en ai pleuré des larmes de sang en retenant
cette émotion contre moi.
Dépassé et déphasé, j'ai rempli ce vide de ce que je trouvais sur les routes indicibles que j'arpentais, nourrissant le chaos de peur, de rancœur, de doute.
Mon monde n'était plus que confusion.
J'ai cherché à noyer ces émotions pour les oblitérer. J'ai rempli mon corps d'ersatz de bonheur pour enfin mettre fin à la quête sans fin que poursuivaient mon âme et mon cerveau. Ne serait-ce que pour trouver enfin le repos.
Tombant dans une consommation effrénée de substances néfastes et corrosives pour le cœur, le corps et l'âme.
Persuadé, de la voie que je suivais, j'ai blessé mon entourage proche et plus éloigné. J'ai transfiguré mon comportement sans me soucier des conséquences.
Conséquences qui ont continué de me faire creuser au cœur du labyrinthe. Car si je ne voyais d'autre voies, je n'était pas non plus aveugle et chaque outrage, je me mortifiait sans cesse. Flagellant mon âme et tourmentant mon corps en représailles dans le vain espoir que cela changerait quelque chose.
Mais la lâcheté, la couardise, le mépris de moi-même m'enfermaient dans le cercle vicieux du plongeon frénétique vers l'autodestruction.
En désespoir de cause, j'ai regardé l'abysse que j'avais moi-même creuser, voyant ma propre sépulture.
Je n'ai jamais trouvé le désespoir ou la force de franchir ce dernier pas. Préférant souffrir toujours plus que de terminer le cycle. Oh ironie, moi dont la peur principale est celle de souffrir plus que celle de mourir.
La rancœur nourrissant la haine, la haine nourrissant la mortification, la mortification nourrissant la rancœur, je me suis attelé à briser ce qui m'entourait espérant malicieusement qu'en brisant le regard que 'l'on portait sur moi, cela me permettrait en fin de fatigue, de honte de mettre un terme définitif à ce cycle, trouvant un repos dans cette vie, qui ironiquement se payerait dans l'autre.
C'est en décidant de révéler au monde, le
monstre, que l'insidieux changement, s'est opéré.
D'abord une simple parole et un doute, pour finir
sur un "pourquoi pas" que me restait il à perdre ?
Ainsi, une flamme est née sur une simple bougie,
devant un phare dans les ténèbres, une lueur lointaine et ténue, mais ce n'est
pas la lumière qui importait, ce qu'elle représentait, un simple espoir.
J'écris ces lignes avec humilité, honnêteté, et l'esprit plus clair qu'il y a bien longtemps, arrivant enfin à sortir de la confusion et à mettre des mots sur mes maux.
Ce n'était le premier pas, qui est aujourd'hui suivi d'autres, nécessaires afin de reprendre et de continuer ma route.
Nulle rédemption ne m'attend au bout du chemin. Mais le simple fait de pouvoir arriver à me pardonner, et à avancer en paix, est l'augure d'un avenir bien plus enviable.
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